Les Cépages 

L'Aligoté a une réputation de cépage "tout terrain". Celle ci n'est pas usurpée puisqu'il est aussi à l'aise ici que sur les calcaires des hautes-côtes, sauf qu'ici il puise dans les argiles une complexité lui donnant une longueur en bouche et une aptitude au viellissement, inhabituelles pour ce cépage.
Le Melon est l'enfant du pays. Dès le 13ème sciècle, donc bien avant de migrer en Val de Loire sous le nom de Muscadet, il couvre le coteau du val de Saône. Il n'en reste plus que quelques arpents à ce jour, raison de plus pour le maintenir sur ces terres.
Il est particulièrement adapté aux sols argileux et humides. Le Melon n'exprime bien son potentiel que par la taille en cordons (taille en baguette : formation de gros raisins et risque de pourriture)
C'est dans le Val de Saône, d'Ecuelle à Glanon, complanté exclusivement de Melon, parce que seul il s'y comporte bien, que ce cépage acquiert plus de qualité et de renom qu'en tout autre point de la Bourgogne.

Historique et origine
Le Melon est un cépage bourguignon depuis très longtemps; il était cultivé sous les Ducs de bourgogne au XIIIème siècle et très connu et estimé par le vigneron. Vers cette époque, il passe dans la Franche-Comté et, au XVIème siècle, il y était si répandu que, le 1er décembre de l'an 1567, Philippe II, roi d'Espagne, comte de Bourgogne, "défend par advis de son gouvernement du Comté, de planter et d'édifier de nouveaux Gamez, Melons" (Recueil des anciennes ordonnances de la Franche-Comté). Malgré cela, J. Bauhin, en 1650, le décrit comme un cépage des plus répandus; sa popularité va lui nuire. Les Moines possèdent et tirent de gros revenus des clos plantés des Pinots; ils ne veulent pas que le vin de Melon commun et abondant diminue l'écoulement du vin noble et déprécie les prix. Capucins et avocats agitent tour à tour le spectre de la famine et de la mévente, et le font proscrire; dans les annales d'Arbois, de Salins, de Besançon, de Dijon, nous retrouvons toutes les péripéties de la lutte. Les Parlements de Bourgogne, de Franche-Comté édictent la destruction du plant de 1700 à 1731. Le rusé vigneron sauve son plant, le débaptise et affuble de son nom son concurrent le plus redoutable, le Pinot Chardonnay, qui est détruit à sa place.


Source : Ampélographie, P. Viala et V. Vermorel, 1905
Le Chardonnay est un nouveau venu du terroir. Planté depuis une dizaine d'années seulement, les premiers millésimes laissent augurer un bel avenir.
Sur le terroir du Val-de-Saône, ce cépage rouge n'exprime son fruité que lors de macérations courtes. Il est donc réservé à la production de rosé.
Ce cépage fragile à maturité rapide s'épanouit au mieux sur les sols Bourguignons.
A rendement assez faible, il produit sur notre coteau une vin d'une grande richesse aromatique.